D'un trait de plume, la Louisiane s'est fait plumer: La Constitution de la Louisiane de 1921






Au début du 19e siècle, la majorité de la population de la Louisiane parlait français. C’est connu qu’on a cet héritage ici, mais la grande perte de la culture et de l’histoire résultant des actions du gouvernement louisianais et américain n’est pas aussi bien comprise. Aujourd’hui marque le centenaire du moment où le français a été interdit à l’école en Louisiane. C’est à nous de comprendre notre histoire, donc, qu’est-ce qui s’est passé ?

Quand la constitution louisianaise de 1812 a été adoptée, 56% de la législature parlait français, mais c’est à ce moment-là qu’il a été décrété que toutes les lois, les documents publics, et des procédures législatives et judiciaires auraient dû être écrits et promulgués en anglais. Ce moment est important parce que c’est le début de l’assimilation forcée des francophones en Louisiane par le gouvernement louisianais, même si ce n’est pas la loi la plus destructrice. Il y avait sept autres constitutions entre celle de 1812 et l’une avec les fameuses dispositions éducatives. Chaque constitution est devenue de plus en plus restrictive quant à l’utilisation du français dans la sphère gouvernementale.



Le Congrès de l'État de la Louisiane de 1898


Section II Article 12 de la constitution adoptée en 1921 dit que seulement l’anglais peut être utilisé pendant les exercices généraux au système scolaire public en Louisiane. Néanmoins, infligée sur les élèves quand ils parlaient français en ce moment-là était la punition corporelle. Giflés avec une règle, obligés de s'agenouiller sur du maïs ou du riz, interdits de déjeuner – les écoliers francophones ont subi des punitions sévères pour parler en français. Et pourtant, il n’y a aucune langue d’État.

Au début du 20e siècle, presque 80 % des franco-louisianais parlaient français à la maison, mais en 1985 seulement 3,5 % d’entre eux l’y ont parlé. Au début du 21e siècle, moins de

200 000 personnes en Louisiane parlaient français – et moins de 4 500 de ces personnes parlaient créole. Aujourd’hui c’est estimé qu’entre 250 000 et 300 000 personnes en Louisiane parlent français : moins d’un pourcent de la population. Cela inclut les gens qui parlent français standard, ou le français métropolitain. Même si le nombre augmente, en comparaison au début du 20e siècle c’est minuscule.

C’est vers 1985 que la première génération qui a été affectée par les clauses dans la constitution de 1921 a atteint l’âge de grands-parents. Un thème commun est que ces personnes n’ont pas forcément enseigné le français à leurs enfants à cause des actions prises aux écoles quand ils ont parlé leur langue maternelle. Donc, les enfants des enfants de cette génération étaient séparés du français et comme résultat, une connexion avec leurs ancêtres a été perdue.



La couverture du livre Tonnerre mes chiens ! par Amanda LaFleur

Le français louisianais n’est pas le français standard. Cela, néanmoins, est loin d’un négatif. Le prétendu manque d’un accent comme ceux trouvés en France métropolitain marque seulement ce fait. L’existence des tournures de phrase colorées comme « Tonnerre mes chiens! », « Laissez les bons temps rouler ! » et « Va brasser dans ta propre chaudière ! » ainsi que des mots comme « asteur » et « icitte » sont des vestiges linguistiques d’une forte culture forte. Mais, si vous entendez des personnes qui parlent français louisianais vous trouverez qu’il n’est pas le même partout en Louisiane. Il y a des différences en vocabulaire, comme avec la faune (« cocodril » vs « caïman ») et aussi en matière de grammaire (« vous-autres est » vs « vous [pl.] êtes »). La langue n’est pas homogène. Il existe des différences, une diversité linguistique qui diminuent avec chaque génération lorsque les langues d’héritage n’ont pas priorisées.

Heureusement, ce dialecte a été bien préservé dans la musique de la Louisiane. Pour beaucoup de gens qui ont un patrimoine créole, cadien, ou autochtone, la musique est la seule manière dont la langue continue d’être entendue. [Une personne que je connais croit que son père croit qu’une chanson avec les paroles « lâche pas la patate » parle vraiment des pommes de terre!] Il y a des groupes qui continuent à jouer ces vieilles chansons et c’est comme ça qu’elles ont été préservées. Il y a des groupes aujourd’hui, pourtant, qui ont commencé à créer de la musique en français louisianais dans le but non pas de le préserver, mais de créer la chance pour cet héritage de continuer.



Cedric Watson et Bijou Créole

Depuis la fin des années 1960 il y a une résurgence d’apprentissage de français en Louisiane, mais le français appris est généralement le français standard et non pas le français local. Il y a seulement quelques écoles où c'est possible d'apprendre le français louisianais. Au niveau universitaire, UL à Lafayette et LSU à Bâton-Rouge sont deux établissements notables qui l’offrent.

Le CODOFIL a été établi en 1968 avec l’objectif de, « supporter et d'augmenter les communautés françaises de la Louisiane avec des bourses, l'éducation en français et d'autres programmes ». L’établissement du CODOFIL a été l’une entre un certain nombre de mesures que le gouvernement louisianais a adopté pour soutenir le français en Louisiane. Plusieurs autres organisations luttent aussi pour la survie de la langue en Louisiane actuellement. C’est possible de voir leurs effets positifs avec l’augmentation du nombre des personnes qui parlent français ici en Louisiane en même temps qu’on arrive au moment où on perd la dernière génération née avant l’interdiction du français à l’école en 1921.


Sources:

http://www.mylhcv.com/louisiana-language-laws/

http://www.mylhcv.com/act-106-louisiana-french-language-services/

http://www.ameriquefrancaise.org/en/article-403/A_Quick_History_of_French-Speakers_in_Louisiana_(1682–1900).html

https://core.ac.uk/download/pdf/217386042.pdf

https://citeseerx.ist.psu.edu/viewdoc/download?doi=10.1.1.457.9908&rep=rep1&type=pdf

https://www.crt.state.la.us/cultural-development/codofil/

https://toronto.citynews.ca/2016/02/03/a-french-flame-flickers-in-cajun-country-how-louisianans-keep-culture-alive/